La démocratie est rattachée à la vie du démos (cité), délimitée par un territoire, assortie d'institutions et de pouvoirs explicites vouées à s'occuper de ses affaires propres.
De nos jours, non seulement, la démocratie se limite à concéder aux citoyens de voter uniquement pour élire, tous les 3 ou 4 ans dans le meilleur des cas, ceux des quelques citoyens qui vont voter pour le reste de leurs semblables, mais cette élection même semble être devenue le signe le plus probant d'une "démocratie véritable". D'ailleurs, on lui ajoute presque invariablement un qualificatif pour essayer de faire diversion et montrer que l'on n'élude le concept que pour lui adjoindre une valeur plus importante encore (pluraliste, parlementaire, chrétienne, socialiste, directe, participative, etc.)
On légitime communément les bienfaits de la démocratie locale ou régionale en prétendant que les "autorités locales ou régionales" (en réalité leurs élus) sont plus proches des citoyens. En réalité, plus ils en sont proches et plus ils leur demandent de se contenter de persévérer dans leur travail, de vaquer à leurs affaires privées, de prendre plaisir à leurs loisirs, mais de laisser les choses sérieuses entre les mains des professionnels de la politique. "Toute politique consiste à empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde écriait Paul Valéry dans ses Regards sur le monde actuel).) Personne ne propose un approfondissement de la démocratie, ni même avec les 35 heures on a proposé aux gens d'accorder désormais plus de temps aux affaires publiques. Ceux qui le souhaitent entend-on peuvent s'affilier à un parti politique, faire du bénévolat, s'enrôler dans un lobby, ou un groupe de pression, écrire, Cela reste du domaine réservé des professionnels de la politique.
Or aucune politique ne peut plus se faire sans la participation (et pas seulement l'assentiment implicite) du plus grand nombre. Qu'il s'agisse des grands projets, de légitimer l'action collective, de donner du sens au vivre ensemble, de renforcer le rayonnement et le bon vivre de sa communauté, de lutter efficacement contre les fléaux humains : la pollution, la pauvreté, l'ignorance, la corruption, l'injustice sociale, l'égoïsme individuel, le consumérisme psycho-phrénétique, la solitude, rien ne puis plus se faire sans la persuasion par un raisonnement rational des gens, les jeux, la com, la télé, les manoeuvres des différents types de pouvoir ne peuvent suffire à les berner longtemps. (Que seraient les politiques, les grands groupes économiques et financiers sans leur conseillers en com?). Sinon, ils risqueraient de se retrouver eux-même un jour à devoir faire le spectacle devant les fauves de l'arène dont le seul but est d'apaiser le spectateur; Dans la société du spectacle, il n'y a plus d'hommes libres, de citoyens, il n 'y a que des spectateurs.
Dans un monde globalisé, où toute décision a désormais une influence bien au-delà des frontières artificiellement creusées au fil des années, dans les tranchées comme dans l'esprit des gens, n'est il pas temps de donner corps partout à une véritable anthropocratie ? donner le pouvoir à l'homme, à tous les hommes et non pas seulement à des gouvernants qui ne seraient rien sans l'appui de tous les relais de pouvoirs : celui de l'élu local, du baron du parti, du juge, du procureur, du flic, du médecin, du journaliste, de l'instituteur, du religieux, de l'expert, du caporal dans toute sa superbe, dans toutes les niches que les sociétés lui ont laissé creuser son autel et qu'il n'y a sans doute pas lieu de dénigrer si par une faiblesse si humaine il n'en venait inévitablement à commettre ses abus habituels.
Tout cela ne tient que parce que nous l'avons imaginé collectivement comme cela. Si nous faisions le pari d'une autre politique possible peut-être verrions nous naître enfin de vrais démocraties, plus transparentes, plus solidaires, débarrassées de l'opium des peuples qui n'est plus la religion mais le nationalisme, l'esprit grégaire de tous ceux qui n'ont plus rien à manger mais qui sont fiers d'appartenir encore à et de mourir s'il le fallait sous la contrainte pour une nation. Et si nous imaginions enfin une terre qui appartienne à tous, où il n'y aurait plus d'apatrides, car tous ceux dont personne ne veut ou qui fuient la menace dont ils sont l'objet, tous ceux enfin qui ne voudraient plus qu'on les définissent que par l'appartenance policière à une seule nation, seraient libres de se prévaloir de leur appartenance à notre Cosmopolitie, entité non sentimentale mais politique mondiale, créée pour et par des hommes libres, prêts à accorder un peu du temps de leur vie pour le bien être commun et pas seulement pour le leur propre ou l'accumulation absurde de points de croissance et de créances souveraines dans l'économie et leurs finances publiques... Qu'importe, dans une cosmopolitie, la couleur, la race, le sexe ou la nationalité des gens, ce qui compte est de savoir s'ils sont des êtres libres ou pas.
lundi 25 octobre 2010
Pour une Cosmopolitie (une anthropocratie mondiale)
Pour une consmopolitie mondiale où le pouvoir n'appartiendrait plus à des autorités plus ou moins proches prétendument des citoyens, mais à tous les hommes et femmes, indépendamment de leur couleur, leur race, leur nationalité, qui souhaitent se savoir libres de prendre eux-même le sort des affaires qui les concernent, toutes, entre leurs mains.
Inscription à :
Commentaires (Atom)